Le marché aux réseaux sociaux

Posted By on mai 3, 2013 | 0 comments


Rachetons ! Rachetons !

Actualité oblige, avec l’échec cette semaine du rachat de Dailymotion par l’Américain Yahoo!, parlons de cette tendance des rachats chez les colosses du web social.

On vous parlait il y a quelques mois du rachat de l’application de prospection Pealk par Viadeo, étendant son panel de services proposés pour les professionnels. Vous avez également probablement entendu parler dernièrement du rachat par Twitter de We Are Hunted, le service de musique en ligne qui se base sur les goûts des utilisateurs. Rachat qui suit de peu celui, toujours par Twitter, de Vine, l’appli vidéo la plus téléchargée de l’App Store. Enfin, qui, à part votre grand-mère, n’est pas au courant de la somme colossale versée l’an dernier par Facebook pour le rachat du (pas si) petit Instagram en plein boom ? La mode semble être au rachat des petits par les grands. Volonté d’enrichissement du service ou peur des concurrents montants ?

Revenons sur le cas Instagram, pour lequel Facebook a déboursé pas moins d’un milliard de dollars. Somme irréelle pour le quidam mais qui reflète bien des choses. Quel produit peut bien valoir un milliard en soi ? Un porte-avions ? la statue de la liberté ? Réponse plus probable : un concurrent. En effet, si le réseau social dominant s’est payé le luxe de faire cette offre impensable, ce n’est pas tant pour proposer des photos vintage à ses utilisateurs que pour s’assurer que l’énorme potentiel commercial que constitue Instagram n’aille pas dans les poches d’un autre. La preuve en est le changement dans les conditions générales ayant suivi l’acquisition de l’appli photo par Facebook, permettant à la marque d’utiliser commercialement les prises de vue des utilisateurs publiées sur le réseau – entrainant la perte de 4 millions d’inscrits opposés à cette politique en une semaine. Sans oublier le risque de voir un concurrent se développer un peu trop vite lorsqu’on est numéro un.

Twitter a-t-il eu la même démarche ? En partie probablement. Une qualité que l’on ne peut enlever aux géants des medias sociaux, c’est celle de savoir dénicher les projets à fort potentiel. Vine est encore assez peu développée chez monsieur tout le monde, mais un certain nombre de personnalités et sites influents comme Mashable ou les Inrocks l’utilisent régulièrement pour montrer les coulisses de leur travail ou mettre en scène des animations plus ou moins humoristiques, générant un certain buzz autour de l’application. Le format se prête de plus assez bien au fil de Twitter, proposant des films de 6 secondes assimilables à des gifs animés. Même chose avec We Are Hunted, qui élargit le spectre des prestations offertes par le géant du micro blogging pour en faire, à l’image de Facebook, un réseau de plus en plus global, ayant en plus la volonté d’être au top du de la branchitude.

Une question se pose face à cette suite de rachats de startups émergentes par les réseaux dominants : est-il possible en 2013 de créer du social de qualité sans être englobé dans l’offre d’un grand ? C’est une vraie interrogation ? Qui peut résister aux sommes faramineuses proposées par des mastodontes comme Twitter et Facebook pour ne citer qu’eux ? Mettons-nous un instant à la place des développeurs d’Instagram le jour où on leur a proposé un chèque les mettant à l’abri du besoin pour 37 générations. Vous auriez refusé ? Probablement pas. Et Facebook et Twitter le savent, augmentant chaque jour un peu plus leur empire sur le web, et ne laissant pas vraiment de place aux créateurs indépendants, les incorporant à coups de gros chèques. On parlait dans les années 90 du monopole de Microsoft avec Windows, puis de celui d’Apple avec ses téléphones. Le tour semble désormais être celui des réseaux sociaux, qui sont de moins en moins nombreux, malgré la multiplication des plateformes, à se partager les parts du gâteau. Alors un conseil si vous avez un projet génial : sachez le vendre.

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>